Le noir, la couleur de l’espoir

Depuis la nuit des temps, certains hommes assimilent les ténèbres à un royaume rempli d’êtres infâmes.
Un endroit où les âmes s’échouent en attendant leur repentance.
Ces lieux sont régis par une multitude de personnages :

Lucifer, l’ange déchu porteur de lumière,
Astaroth chevauchant le dragon infernal,
Hadès détenteur du pouvoir d’invisibilité,
Belzébuth empereur des 666 légions infernales et bien d’autres encore.

Diables, démons et Djinns de différentes classes, possédants différents pouvoirs se mélangent dans les cultures et les religions pour effrayer le vivant et ainsi voir sa capacité à rester du bon coté, jusqu’à ce qu’arrive son trépas.

La noirceur, les ténèbres, que signifient ces termes ?

Enfant, on nous explique que les monstres se cachent dans le noir.
Qui parmi – nous n’a jamais eu peur dans sa chambre étant marmot ?
Se réveillant subitement, effrayé par l’apparition d’une ombre menaçante derrière les rideaux, dans l’armoire entrouverte, nous scrutant telle une bête affamée, aux crocs acérés prêt à se jeter sur sa proie, tremblante, se camouflant avec ses petits bouts de literie ?

On est conditionné pour avoir peur du noir, cette couleur qui fond les décors,
qui ne laissent entrevoir aucune forme,
ce trou noir synonyme de rien, de néant, nous aspirant dans les limbes de l’oubli.

Pourtant la nuit apaise l’esprit.

Se promenant un soir lorsque la lune est éteinte,
on peut apercevoir le tout dans ce qu’on prénomme le rien.
Notre imagination s’illumine alors que notre vue s’obscurcit.
Pas de doute, on est confronté à notre subconscient.
Plus de distinction entre un chat et un chien, une maison et un arbre.
On tâtonne ce tapis qui se présente sous nos pieds en espérant que ce dernier ne se métamorphose pas en un sol boueux, où on aurait du mal à s’en sortir.

De plus vient la crainte d’un événement inattendu,
un bruit,
une sonorité qui révélerait à la lueur des astres scintillants, nos peurs les plus ancrées dans notre esprit.

La pénombre fait jaillir notre vraie détermination, notre vraie nature, elle nous engage à livrer bataille avec le formatage, la connaissance qu’on nous a inculqué.

Tout naît du noir, du rien !

Ainsi quand la robe noire de Lilith cède sa place à l’éclaircie de l’aube accompagnée par les rayons du soleil, tels des chevaliers armés de leurs lances lumineuses sur leurs destriers, nos sens se calment, nous nous sentons rassuré, de pouvoir redécouvrir ce qui nous apaises, ce qu’on connaît.

Pourtant avant notre naissance, nous sommes plongés dans une matrice qui ne connaît nul soleil,nul luminaire ou source de lumière.
Peu de personnes se rappellent concrètement ses 9mois passé dans l’ombre de leur vie.
La luminosité qu’un nouveau né aperçoit quand sa tête vient de sortir de l’utérus de sa mère pourrai également provoquer son premier choc, ses premiers pleurs…

Tout se crée dans le noir, dans la source abondante du rien.

-iXe-

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